vendredi 7 novembre 2008
Ségolène Royal remporte le petit jeu des motions du PS
Par Sébastien Dufil, vendredi 7 novembre 2008 à 04:47 :: Parti Socialiste
Alors que Bertrand Delanoë faisait figure de grand favori au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste, il semble que son parcours risque d'être plus chahuté que prévu. Soutenu par François Hollande, actuel secrétaire général du parti, Bertrand Delanoë compte des alliés de poids tels que Lionel Jospin, Michel Rocard ou encore Pierre Moscovi. Mais qu'apprend t-on lors du vote des motions ? Que Lionel Jospin n'a finalement pas voté pour soutenir son "ami" Bertrand Delanoë. Est-ce un signe révélateur ? En tout cas, Bertrand Delanoë tombe de haut lors du dépouillement. Sa motion A ne recueille QUE 24,91% des suffrages devancés par une certaine... Ségolène Royal que l'on n'attendait pas aussi bien placée. Cette dernière frole les 30% à 29,12%. Martine Aubry talonne le maire de Paris avec 24,41% et Benoit Hamon est très loin d'être ridicule avec le score plus qu'honorable de 18,66% -cela n'est pas sans rappeller le score de Laurent Fabius aux primaires du PS en 2007-. Les deux autres motions, Pôle Ecologique et Utopia, ne remportent respectivement que 1,5% et 2%.
Ségolène Royal semble avoir convaincu les militants et son virage à gauche durant la crise financière semble avoir porté ses fruits. Alors que Bertrand Delanoë ne se débarasse plus de son image de "libéral" et que Martine Aubry est toujours reconnue comme la femme des 35h, souvent décriés. Ségolène Royal semble être très proche des militants socialistes. 128.970 se sont déplacés sur un total de 233.000, soit une participation de 55,38%. Une belle participation pour un vote de motion. Les premiers résultats ne comprennent toutefois pas les votes du Cher, de la Guadeloupe, de Wallis et Futuna, de Mayotte, de Guyane et de Martinique et des français de l'étranger. Mais cela ne devrait pas avoir un impact significatif sur les résultats finaux.
Toutefois cette première victoire n'est qu'une demi victoire. C'est désormais le temps des rassemblements pour obtenir une majorité claire pour le 20 novembre qui verra l'élection du remplaçant de François Hollande. On peut envisager un rapprochement Bertrand Delanoë et Martine Aubry, et Ségolène Royal - Benoit Hamon, mais cela risque de se traduire par une égalité quasi parfaite, et le parti socialiste a besoin d'une majorité forte. Une trop grande division pourrait inciter certains ténors à quitter le navire pour bâtir le leur.
Une nouvelle fois les transactions ont débuté dès ce soir entre les 4 ténors du parti. Les voix de Benoit Hamon seront sans doute les plus recherchées car ayant le moins de chance d'être élu à l'arrivée. Transactions qu'ont toutefois dénoncé bons nombres de militants avant même le vote des motions.