samedi 22 novembre 2008
Le Parti Socialiste désormais indirigeable
Par Sébastien Dufil, samedi 22 novembre 2008 à 05:34 :: Parti Socialiste
Le premier parti d'opposition de France était sensé sortir ce jour d'une grave crise de gouvernance en proclamant le nom de son nouveau Premier Secrétaire après 18 mois de manoeuvres politiques, visant notamment à écarter Ségolène Royal et ses fidèles de ce siège si convoité. Le résultat des motions a étonné avec une Ségolène Royal, en tête, une place que bons nombres d'éléphants comme Bertrand Delanoë ne l'attendait plus en si belle place. Le 1er tour de l'élection, seul Bertrand Delanoë a pris la décision de se retirer de la course, laissant Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal se présenter. Une nouvelle fois Ségolène Royal s'affichait en large avance malgré la demande personnelle de Bertrand Delanoë aux militants qui l'ont soutenu de se reporter sur Martine Aubry.
A ce moment, le Parti Socialiste est déjà extrêmement divisé au sein même des instances dirigeantes. Mais le second tour est sans doute l'une des pires catastrophes qu'ait connu le Parti Socialiste depuis ces dernières années. Rapidement, le n°2 du PS, Francois Rebsamen envoit des SMS à plusieurs journalistes pour annoncer que Ségolène Royal est largement en tête de l'élection après les premiers dépouillements. Mais au fil des heures, l'écart se ressère, et finalement avant même que le vote ne soit terminé dans les Dom Tom, des estimations officielles sont annoncées, et Martine Aubry passera en tête de quelques centaines de voix. A 5h, François Lamy, proche de Martine Aubry déclare "Toutes les fédérations sont tombées (...) Martine Aubry est en tête de 42 voix". 42 petites votes d'écart sur plus de 200.000 militants appelés aux urnes.
Aux dernières nouvelles, Martine Aubry sera effectivement nommée Premier Secrétaire du Parti Socialiste en remplacement de François Hollande. Mais les réactions de Ségolène Royal et de ses proches ne se font pas attendre demandant un troisième tour pour certains ou encore se plaignant de l'annonce d'estimations officielles avant la fin du scrutin... alors même que des proches de S. Royal ont contacté les journalistes pour leur déclarer que la présidente du Conseil Régional de Poitou Charentes était largement en tête.
A n'en point douter, cette crise risque de mettre à mal le Parti Socialiste et désormais un cavalier seul n'est plus à exclure de la part de Ségolène Royal, s'appuyant sur son groupe Désirs d'Avenirs. Du côté de Martine Aubry, elle devra composer avec des éléphants, dont elle fait partie, emcombrants et certainement constater une part de départs de militants importants.
En attendant le Modem se frotte les mains. François Bayrou doit déjà s'imaginer seul en tête au premier tour du scrutin de l'élection présidentielle de 2012 face à une UMP sortante et un PS divisé.